2010 – 2020

Ce passage à la nouvelle année ne m’a pas fait plus d’effet que les autres années. Pour moi, ce passage entre le 31 Décembre et le 1er Janvier n’a pas plus d’importance, que si on passait d’un 21 à un 22 Avril, par exemple. Ce n’est pas en une nuit qu’on se transforme, ou que subitement on change ses habitudes, ou qu’on prend une nouvelle route. On peut tout à fait le faire à un autre moment de l’année, que de devoir précisément attendre ce fameux 1er Janvier.

Voilà mon état d’esprit depuis toujours… Je ne suis pas « New Year New Me », je ne suis pas nouvelles bonnes résolutions pour la nouvelle année. C’est festif, je passe la soirée avec mes proches, je m’amuse comme si je fêtais un anniversaire et c’est tout. Cependant, j’ai lu beaucoup d’articles de bloggeurs.euses que j’apprécie énormément, qui faisaient le bilan de la décennie passée, plus que des 365 jours derniers. Et pour le coup, j’ai adoré les lire et j’ai trouvé ça fort intéressant. De façon générale, j’aime beaucoup lire les bilans personnels des gens. Étonnamment, ça m’aide moi-même parfois lorsque je suis leurs avancements, comment ils/elles se sont sorti(e)s de telle ou telle situation, quelles leçons ils/elles en ont tirées, etc.

Alors je me suis dit que je le ferai, moi aussi. Déjà pour moi, faire un bilan des 10 années passées, voir mon évolution, comprendre mes blocages, découvrir mon chemin de vie, mes intérêts. Et puis pour vous, car peut-être parmi ceux qui liront mon article, il y en a des comme moi, qui adore ça, lire les bilans annuels/décennaux des autres. Peut-être simplement, à mon tour je donnerais envie aux gens de le faire aussi, en version article de blog, ou simplement journal personnel. J’espère, à travers mon récit, vous aider, de quelque manière que ce soit.

Durant ces 10 dernières années, je suis passée du stade de fin d’adolescence, à jeune femme indépendante et responsable: 15 ans – 25 ans. Il y a dix ans, je faisais mon entrée au lycée, et j’étais, comme beaucoup je pense, complètement perdue! Je me suis faite de très bons amis, qui le sont toujours aujourd’hui, parmi lesquels, mon meilleur ami, je l’espère, de toute ma vie. Ce garçon est une perle rencontrée pendant la décennie passée, personne tellement importante à mon quotidien aujourd’hui. Ces années lycées n’étaient pas simples. J’étais en classe scientifique, option double diplôme en allemand. Autant j’ai adoré l’option allemande et tout ce qu’elle m’a apporté, autant j’ai énormément souffert en scientifique, car ce n’était pas ma voie. Et j’ai compris une chose aujourd’hui, c’est que je suis terriblement malheureuse, lorsque je fais quelque chose qui ne me plait absolument pas, et dans lequel, je ne réussis pas. Aussi, une de mes grandes décisions une fois le bac en poche, c’était que plus jamais, je ne me lèverai le matin pour faire quelque chose que je déteste, et que si cela devait m’arriver un jour, que je mette tout en oeuvre pour partir. Je me rends compte aujourd’hui que c’est une règle que depuis, j’ai toujours appliqué. Par la suite, à chaque fois que j’étais malheureuse, souvent dans les boulots, je partais. Simplement.

L’enfer passé du lycée et ses matières scientifique n’ayant aucun sens pour moi, j’étais partie pour une école de commerce. Je ne savais toujours pas ce que j’allais faire, mais je savais ce que je ne voulais pas faire. Et ça permet déjà d’y voir plus clair. Une école de commerce, après tout, ça laisse quand même encore beaucoup de portes ouvertes. J’y ai passé de très bons moments. Et j’en garde principalement de très bons souvenirs. Notamment, c’est pendant cette période que j’ai eu l’occasion de faire un stage à Toronto, au Canada, et où je suis littéralement tombée amoureuse du pays. Jusqu’à présent, c’est le meilleur voyage de ma vie, et je garde une attache particulière pour le Canada. J’ai maintes fois tenté de m’expatrier, mais ça, c’est un autre sujet. Des années heureuses, ou je vivais ma meilleure vie étudiante, avec des expériences de folies, et des personnes adorables. Ce stage d’ailleurs, fait dans un hôtel cinq étoiles de la ville, m’aura en plus crée des affinités professionnel, et c’est à ce moment précis que je me suis dit que j’aimerais beaucoup travailler dans le domaine du tourisme. Et aujourd’hui, j’y suis.

Diplômée d’une école de commerce, j’ai fait mes premiers pas dans la vie active, et là j’ai vite déchanté. Ma première vraie expérience professionnelle dans le tourisme ne m’a rien apporté. Je me sentais terriblement nulle, dénigrée, moins que rien, au sein de cette structure. J’avais des collègues adorables, mais à côté de ça, des responsables beaucoup trop décourageants. C’était pourtant mon premier CDI que je signais du haut de mes 21 ans, mais fidèle à moi-même, je suis partie, car il m’était impossible de pouvoir me projeter dans cet environnement. Pire encore, je n’étais tout bonnement pas heureuse. Je suis partie, en achetant un billet d’avion. Une superbe idée. Pendant quatre mois, je suis allée sillonner l’Europe, j’ai fait des rencontres fabuleuses et vu des choses exceptionnelles à travers la France, l’Allemagne, la Suisse, l’Italie et la Turquie. Encore aujourd’hui, je me demande d’où j’ai sorti le courage de faire tout cela, et pourtant, j’y suis arrivée, et quelle fierté. J’en suis ressortie plus forte et plus enrichie que jamais, comprenant que chez moi, le voyage est ma médecine.

Puis je suis rentrée, et j’ai continué mon expérience professionnelle dans le tourisme. Puis je suis tombée amoureuse, et j’ai tout quitté, de nouveau, pour suivre mon chéri en métropole. Une nouvelle expérience loin de mon île. J’ai rencontré de belles personnes qui m’ont beaucoup apprise, j’ai découvert la France, la vie en métropole, l’Espagne, l’Andorre et Monaco. Avec mon chéri, cette expérience nous a davantage soudé, rapproché. Mais là-bas, on a compris qu’on ne se sentirait chez nous, que l’herbe n’est pas plus verte ailleurs. Que peut-être nos plus grands projets d’expatriation ne pouvaient pas aboutir, mais que peut-être ce n’étais juste pas encore le moment, mais que surtout, chez nous, c’est à La Réunion, que lorsque l’on ne se sent pas bien dans un endroit, après avoir essayé plusieurs fois d’y arriver et de se sentir bien, peut-être qu’il faut tout simplement accepter que ce n’est pas pour nous. Nous avons compris que ce n’était pas forcément un échec que de retourner un peu sur ces pas.

Aujourd’hui, à 25 ans, je suis encore un peu perdue. Beaucoup moins qu’il y a dix ans, mais toujours un peu de brouillard gêne ma vue de loin. Ce n’est pas grave, le principal, c’est d’avancer pas à pas. Je ne sais pas où je serai dans 10 ans encore de ça, mais je connais parfaitement mes principes, mes valeurs, mes buts et mes envies. Je sais que même si notre première expérience en expatriation hors de France n’a pas marché, peut-être que ce n’est pas encore notre dernière mot. Qu’après avoir beaucoup, beaucoup crapahuté au cours de ces dernières années, j’ai aujourd’hui envie de me poser quelques temps, d’avoir mon cocon et de commencer à construire quelque chose de stable. Je sais que je suis prête à m’engager professionnellement, mais que j’ai besoin de trouver du sens dans ce que je fais, et surtout d’aimer ce que je fais. Aujourd’hui j’ai repris un nouveau travail qui me passionne, et j’espère que cela durera le plus longtemps possible. Aujourd’hui on vient de poser un dossier pour un appartement qui nous plaît beaucoup, et j’espère de tout mon cœur qu’on l’aura. Aujourd’hui, même si rien n’est jamais sur dans la vie, je sais où je vais, quel genre de personne je veux être et comment je veux orienter ma vie.

Mit Liebe, E

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