A la maison.

Il y a quelques temps déjà, j’avais écrit un article pour Travelettes.com, expliquant ce que représentait pour moi le sentiment de se sentir « à la maison », At Home. Je vous mets le lien de cet article ici. Trois ans plus tard, ce même sentiment n’a pas changé. En fait, chez moi, jusqu’à aujourd’hui, mon vrai chez moi rempli de souvenirs, l’endroit où je me sens toujours bien même si je n’y ai pas mis les pieds depuis des mois, actuellement des années, le chez moi de mon enfance qui a cette odeur si particulière, c’est ma maison d’enfance.

Sur le papier, réellement pourtant, cette maison n’est pas la mienne. Mais mes parents ont réussi à nous créer ce cocon, qui fait que malgré tout, malgré la dizaine d’appartements que j’ai connu et où j’ai habité, mon chez moi reste cette maison d’enfance, je ne me suis sentie vraiment comme chez moi nul part ailleurs.

C’est un sentiment tellement fort que je ressens, et que je pense beaucoup d’entre nous partagent, peu importe l’endroit que cela est pour vous.

Depuis quelques années maintenant, j’avais envie d’un tatouage. Mais plus que jamais, je voulais quelque chose qui me correspondent à dix mille pourcents. Un dessin, non. Je ne suis pas spécialement une artiste, et bien que j’y ai très longtemps réfléchi, je ne voyais aucun dessin qui représentait quelque chose qui avait de la valeur à mes yeux. En revanche, je suis une littéraire. Je m’étais penché sur une phrase, ou un simple mot voulant tout dire. AD MAIORA, qui signifie vers de meilleures choses, m’a très longtemps plu. Je savais aussi où je voulais me faire tatouer : l’avant-bras. Au niveau du poignet, ou juste en dessus du coude à l’intérieur du bras. Des mois et des mois durant, je me suis imaginée avec ce tatouage. Est-ce que ce serait joli ? Est-ce que dans dix ans, AD MAIORA aura toujours autant de signification ? Est-ce une bonne idée? Vous savez, autant je peux être très moderne, autant depuis tant d’années mes parents nous ont mis en alerte sur les tatouages tellement définitif (c’est le cas de le dire), que je voulais vraiment à n’avoir à jamais le regretter, ou même juste, me lasser. Alors je me suis promise, que si l’ombre d’un doute venait à planer au-dessous de mon idée, je n’y allais pas. Et c’est ce qu’il s’est passé avec mon mot latin. Même si j’adore ce que ça représente et que c’est bien ma philosophie quotidienne que je tends à appliquer un peu plus chaque jour, je n’étais pas certaine qu’il en aurait été ainsi toute ma vie.

J’ai tout bonnement aussi abandonné l’idée du tatouage. Après tout, c’est joli sur les autres, mais peut-être que ce n’est pas pour moi. Et le temps est passé, et j’ai eu toute cette période de vie en métropole (j’en parle ici, car pour ceux qui ne le savent pas, je suis Réunionnaise!). Durant ces deux dernières années passées ici, je ne me suis jamais sentie aussi heureuse d’être Réunionnaise, et de mon passé, mon parcours. Enfin, j’ai réalisé que je revenais de loin. Et je passais beaucoup de temps à me remémorer des souvenirs passés avec mes frères ou mes parents. Et à chaque fois qu’on me demandait d’où je venais à La Réunion, de répondre par le nom de mon petit village, me faisait chaud au cœur. C’est une fierté intérieure. Aujourd’hui, j’ai tellement hâte d’y retourner. Cette maison, mes parents l’ont construite avec Amour, et toute ma famille nous a aidé. C’était une période où les prêts immobiliers n’étaient pas encore à la mode, alors ça a pris un certain temps, mais c’est sans prêt immobilier et avec un grand-père maçon ayant d’autres amis s’y connaissant des d’autres domaines tels que l’électricité, la plomberie, etc, que la maison s’est construite. Lorsque nous y avons habité, j’avais trois ans. Un an plus tard arrivait mon petit frère, puis quelques années après encore, mon deuxième frère. Je me souviens de ma première balançoire, mon premier petit chien, le coin potager que nous nous étions aménagé avec mon frère, les heures passées à jouer au ballon et au vélo. Et ces moments resteront gravés à tout jamais, je l’espère, dans ma mémoire. Ce lieu, restera gravé à tout jamais dans mon cœur, et maintenant dans ma peau.


Car à trois semaines d’un départ définitif de la région où nous habitons actuellement, l’idée m’est venue que c’était ça que je me ferai tatouer. Les coordonnées géographiques de cet endroit, pour moi magique. Sur l’intérieur de l’avant-bras, au niveau du coude. J’espère toujours ressentir ce réconfort à chaque fois que je regarderai mon bras. Et j’espère, lorsque les gens me demanderont ce que signifie mon tatouage, toujours répondre avec fierté et bonheur : c’est chez moi.

Pour toujours, ma maison.

Mit Liebe, E.