Ma contribution au site Travelettes.net

Après Le Monde des Langues et mon article sur l’Abibac (un double diplôme en allemand), cette fois, j’ai apporté ma contribution aux Travelettes.

Travelettes est un blog de voyage féminin. Plus exactement, il s’agit d’histoires de femmes voyageant seules à travers le monde, des trucs & astuces pour celles qui voudraient s’aventurer, un blog de photos, mode, alimentation du monde, bref, un blog sur lequel on peut passer des heures et des heures entières sans se lasser et que je vous recommande chaudement, si vous êtes de cet univers-là.

Je l’avais découvert il y a de cela quelques années maintenant, et rien quand lisant les différentes publications je mourais d’envie de bouger moi aussi, tellement leur site est bien fait.

Plus tard, lorsque je suis à mon tour allée en Europe avec mon sac à dos (ParisHambourg ManarolaIstanbul), je visitais leur blog au moins une fois par jour, car cela m’était toujours très utile: repérer les choses à faire dans les différents pays que je découvrais, leur conseils et préventions. Ou je découvrais les histoires des autres, et c’est toujours très enrichissant.

En rentrant chez moi au mois de Décembre, j’avais d’abord rédigé un article sur mon propre blog en y expliquant les coups de blues que j’avais du fait d’être rentrée chez moi. Quelques jours plus tard, j’apprenais que nous pouvions contribuer avec Les Travelettes durant tout le mois de Décembre, en rédigeant des articles sur le thème du « chez-soi » (« At home »). Cela tombait à pic, moi qui en plus adore collaborer avec d’autres sites, d’autres blogs.

Lorsque vous proposez votre article à un autre blog, il y a malgré tout certaines consignes à respecter: le sujet, déjà, mais aussi le nombre de mot, la qualité des photos, un nombre précis de paragraphes, etc. Et j’avais tellement de choses à dire, que j’avais peur de dépasser le nombre de mot demandé… J’ai du être concise et précise !

Mais cela à très bien fonctionné et j’ai vraiment apprécié travailler avec toute cette belle équipe entièrement féminine. Si vous souhaitez lire mon article, je vous laisse le lien de mon histoire ici.

Pour celles et ceux qui ne seraient pas à l’aise avec la lecture de texte en anglais, je vous propose ci-dessous ma traduction:

Ma solide mais pourtant instable relation avec ma ville natale.

Après trois enrichissants et instructifs mois de voyage à travers l’Europe, un sac à dos, des vagues de souvenirs et de bonnes sensations, je voulais stopper ma vie nomade afin de rentrer à la maison pour les vacances de Décembre.

Je viens d’une île appelée Île de La Réunion. C’est indéniablement beau, ensoleillé, reposant, relaxant, avec des plages de sable blanc qui contrastent avec les hautes montagnes. Certaines personnes peuvent penser que je suis bénie de vivre cette « tropicale vie de rêve ». Cependant, je me sentais, moi, coincée. J’ai vécue toute ma vie à cet endroit, j’ai vu et expérimenté quasiment tout ce que l’île avait à offrir et ne pouvais rien faire d’autre que tourner en rond.

Cilaos, ma ville natale, est encore plus petite et se trouve dans les montagnes, complètement entourée par ces dernières. La ville compte environ 6000 habitants, et oui, vous l’avez deviné, nous nous connaissons tous. Certaines personnes disent que vivre sur une île leur ferait se sentir claustrophobe et cette sensation serait encore plus prononcée à Cilaos. C’est tellement calme et tranquille.
Pour une personne qui n’y vit pas, cela peut être un bon endroit pour trouver la paix, mais pour une autre qui y habite de façon permanente, c’est une autre vision des choses: nous avons quelques restaurants et hôtels, deux supérettes, une pharmacie, un magasin de vêtements, une piscine municipale, une bibliothèque – et c’est quasiment tout. Pas de cinéma, pas de théâtre, pas de centre commercial, pas de bar ou vous pouvez retrouver des amis et discuter de tout et de rien.

Je me sentais déjà bloquée sur mon île, mais j’ai fini par me sentir piégée, accablée dans ma propre ville, avec absolument rien à faire, si ce n’est faire des randonnées ou lire des livres. J’avais besoin de respirer, de sortir, de voir autre chose; je ne pouvais tout simplement plus gérer cette banale routine dans ma ville. Je ne pouvais plus voir les beaux éléments de ma ville d’origine. J’étais uniquement concentrée sur les aspects négatifs de la vie à Cilaos. Alors j’ai décidé de partir, de mettre un peu d’espace entre nous – de faire une pause dans notre relation.

Durant mes trois mois à l’étranger, j’ai vu le monde – enfin, l’Europe. J’ai essayé de nouvelles choses, rencontré de nouvelles personnes, visité des endroits géniaux et appris des autres cultures. J’ai vu la Tour Eiffel à Paris, mangé des Franzbrötchen à Hambourg, découvert le lac de Zürich, goûté à de bonnes pizzas aux Cinq Terres en Italie, pris tellement de photos amusantes avec la Tour de Pise, je suis tombée par hasard nez à nez avec le Colisée à Rome et j’ai mis les pieds dans la magnifique Mosquée Bleue à Istanbul.

J’ai adoré chaque seconde de cette aventure. Cependant, mon île me manquait indéniablement. J’étais à 12000 km d’elle, mais continuais d’y penser. Je comparais absolument tout. Tout ce que ces autres villes ont et que nous n’avons pas, mais aussi toutes ces précieuses choses que nous nous avons, et que les autres villes n’ont pas.
C’était devenu mon passe temps. M’asseoir dans le métro et penser que non, nous n’avons pas de métro à Cilaos, mais à quel point c’est agréable, de pouvoir éviter les trains bondés pendant les heures de pointes ? Ou, oui, l’île est extrêmement petite, mais à quel point c’est génial d’avoir 340 jours d’ensoleillement par an ?

Sur le chemin du retour, j’étais convaincue que faire ce voyage était la meilleure idée qui soit. J’avais besoin de partir, afin de revenir meilleure et plus forte. C’était étrange d’être de retour à la maison, et de retrouver mes montagnes après quelques mois de voyage. Durant les premiers jours, je me sentais comme n’appartenant plus à Cilaos. C’était comme si le temps c’était arrêté dans mon village, le temps que moi je sois partie découvrir et explorer.

C’était déconcertant de voir à quel point rien n’avait changé. Tout était resté pareil, sauf moi. Et à partir de là, j’ai commencé à regarder autour de moi avec un regard nouveau. Pour la première fois depuis longtemps, je pouvais la beauté de mon chez-moi à nouveau. J’adore sa tranquillité. Je peux rentrer chez moi après une longue journée et me sentir reposée, ou lire un livre à l’extérieur si j’ai besoin de me relaxer. J’adore ses montagnes; j’aime faire de la randonnée et respirer l’air frais. Je profite de ma petite ville parce qu’il n’y a ici jamais d’embouteillages. Vous pouvez aller où vous souhaitez, quand vous le voulez, sans penser à tout ce temps que vous allez passer bloqué dans les bouchons.

Et c’est vraiment ça. C’est comme ça que ça marche pour moi. A chaque fois que je quitte Cilaos, en étant fatiguée de cette ville, je reviens quelques mois plus tard l’aimant de tout mon cœur, et en découvrant des petits détails que je n’avais jamais aperçu auparavant. Je rentre toujours avec une nouvelle vision des choses, et l’habilité de voir ma ville différemment, d’une façon positive.

Cilaos ne changera pas; ce sera toujours ma calme, paisible et jolie ville. Mais moi je changerai. Quelqu’un disait « La maison ce n’est pas un endroit, mais un sentiment ». Et je me sens vraiment à la maison lorsque je suis à Cilaos, là où j’ai grandi. J’adore voyager, mais je n’ai jamais eu ce ressenti ailleurs. Peut-être est-ce parce que j’ai toute ma famille qui y vit, et cela me donne un point de repère ? Ou alors est-ce parce que je connais chaque recoins de la ville, et pourrais me déplacer les yeux fermés en sachant exactement où je suis ? Je ne sais pas exactement pourquoi est-ce que pour moi Cilaos c’est « être à la maison », mais ce que je sais, c’es que notre relation aura toujours besoin de renouvellement. Je t’aime, pour te détester puis t’aimer à nouveau. Mais l’amour est à chaque fois un peu plus fort.

Mit Liebe, Erika.

 

 

 

 

 

 

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