De plus en plus, les gens se sentent bloqués, prisonniers de leurs vies. Occupant un poste qu’ils n’apprécient guère, résidant dans un endroit les rendant particulièrement triste, se levant chaque jour en se demandant le but de tout cela. Pendant un an, j’ai également été victime de cette routine infernale, et la seule solution pour moi a été de partir quelques temps, pour mieux me retrouver et pour mieux revenir.

La fin des études et le début vers ce que l’on appelle, la vie professionnelle.

J’ai été diplômée d’une Ecole de Commerce. Cette école ne me faisait pas vibrer, il est vrai. Seulement voilà, j’y suis, j’y reste, et je ne me voyais pas tout arrêter pour recommencer autre chose. Et puis finalement, pour recommencer dans quoi ? Je ne souffrais pas spécialement de me retrouver chaque jour assise sur les bancs de cet établissement non plus, mais plus le temps passait et plus je prenais conscience qu’en sortant de cette école, je ne serai certainement pas une technico-commerciale. Qu’à cela ne tienne! Les écoles de commerce sont aussi réputées pour vous permettre de voir large une fois le diplôme obtenu, et de postuler dans différents métiers ayant un rapport plus ou moins direct avec le commerce. Je me raccrochais donc à cette idée, ouf…

Les années se sont passées sans encombres, je validais les semestres un à un, et je me suis retrouvée diplômée un 4 Septembre, vêtue d’une toque et d’une toge, à réaliser un discours devant toute une assemblée, expliquant pourquoi je remerciais sincèrement toute l’équipe pédagogique de cette école de m’avoir permise d’être là où je suis à l’instant.

Je rentrais ce soir-là chez moi sereine et fière, hâte de débuter enfin autre chose, qui j’en étais absolument sûre et certaine, me plairait à 200% cette fois-ci…

Le passage obligatoire par Pôle Emploi et les trop nombreuses remises en question

Je me suis quand même accordée deux semaines complètes de repos, de vacances. Pour moi, respirer à nouveau après ces trois ans était un passage obligatoire. Puis j’ai mis à jour mon CV, ma lettre de motivation, je me suis retroussée les manches, et j’étais parée pour affronter ce dur monde qu’est: le monde de l’emploi. Tadadadaaa!

Je me suis rapidement rendue compte qu’on m’avait menti, toute ma scolarité durant. Ou du moins, pendant une grande partie. Non, je ne trouverai pas un travail deux semaines après ma sortie de ma fameuse école de commerce. Non, je ne commencerai pas ma fulgurante carrière avec un salaire à 3000€ net par mois. Non, je n’aurai pas un salaire équivalent à mon niveau d’études. Non, je ne trouverai pas le métier de mes rêves en un clin d’oeil. Non, je n’aurais pas un travail équivalent à mon niveau d’études. Imaginez alors ma déception, moi la plus grande naïve des temps actuels.

C’est à ce moment que commença la descente aux enfers.

J’avais donc cogité de septembre à novembre sur l’utilité de mon diplôme, j’étais sans emploi, je n’avais plus d’occupation, je tournais en rond, au sens littéral du terme. J’étais inscrite à Pôle Emploi, et tous les mois je m’actualisais: « Je suis toujours à la recherche d’un emploi ». Merci.

En décembre, j’ai postulé pour un job de réceptionniste, et j’ai été recruté. Un diplôme en école de commerce pour commencer en tant que réceptionniste donc. Je vous réfère à ma longue remise en question, partie : « Non, je n’aurais pas un travail équivalent à mon niveau d’études ». Attention, je ne dénigre pas là le métier, et il n’y a pas de sot métier. Et pour avoir occupé ce poste près d’un an, j’y ai vu les réelles problématiques et difficultés. Seulement voilà, ce n’était absolument pas le plan que j’avais pour ma vie.

Donc des semaines de 36 à 48 heures, avec une seule réceptionniste pour un hôtel trois étoiles comprenant une quarantaine de chambres, des journées de 12 heures, de 8h du matin à 20h le soir, sans réelle pause, payée au Smic hôtellier.

Je gardais mon positivisme et me disais que ça irait. Après tout, il faut bien se construire et commencer quelque part, non ?

Jardin du Luxembourg - Paris
Jardin du Luxembourg – Paris

Le b-a BA de comment se lever pour faire un travail qui ne vous plaît pas

Toujours dans cette philosophie de « il faut bien se construire et commencer quelque part », j’étais prête à tout accepter, trop accepter. Parce qu’avoir un salaire c’est quand même mieux que de ne pas avoir de salaire du tout (qu’importe les sacrifices à faire pour avoir le-dit salaire…de misère).

Depuis l’obtention de mon diplôme, j’étais retournée vivre chez mes parents, dans un village pommé, à pas moins d’une heure de route sinueuse de toute activité. Mon travail se trouvait à 70 km de chez eux, et je devais rouler pendant deux heures pour y arriver (rappelons-le, en parcourant des routes sinueuses, enchaînant virage après virage).

Je pensais pouvoir rapidement me trouver un appartement dans le coin, et j’ai vite déchanté. Avec un Smic, et le coût des loyers, même en étant seule, ce n’était pas possible. L’autre solution était de retourner dans un logement étudiant. Voyez par vous-même l’évolution. Finalement, je me suis dit que pour les premiers mois, je resterai chez mes parents, le temps de trouver quelque chose… et j’y suis restée bien plus longtemps.

Cela devenait donc mon quotidien. Et devoir rentrer à 20h après deux heures de route pour recommencer le lendemain à 8h n’était pas une partie de plaisir. Tout en sachant que lors de pluies plus ou moins fortes, il arrivait que je ne puisse plus rentrer chez moi, la route devenant trop dangereuse était catégoriquement fermée à toute circulation. Dans ce cas-là, comment faire quand on vous attend de pied ferme le lendemain matin à 8h00 tapantes?

En soit, le métier en lui-même ne me déplaisait pas. Néanmoins, je savais que je ne le ferai pas toute ma vie. D’une part, j’aurais bien aimé évoluer et ici cela aurait clairement été impossible. D’autre part, je sentais que ça pourrait être à la longue, un travail très rébarbatif. Je rencontrais beaucoup de nouvelles personnes, et j’adorais les aider. Je me sentais utile et j’ai vite été à l’aise à mon poste, et avec quasiment tous mes collègues.

Là où ça n’a pas du tout marché, ça a été avec mes patrons. Les grands directeurs, possesseurs de l’établissement, et puis les chefs juste en dessous. Je ne me sentais absolument pas respectée, humainement parlant, et plus j’avançais, plus je me disais que quand même, est-ce bien légal tout ce que l’on me demande de faire. Le Code du Travail nous protège bien, nous Employés, alors est-il ici vraiment appliqué ?! J’avais énormément de doutes, et ce, dès les premiers mois suivants mon embauche.

J’aurais du prendre le courage de partir, exactement à ce moment précis. Sauf que j’ai préféré encore persévérer. Je me consolais en me disant que dans tous les métiers du monde il y a du bon et du mauvais. Qu’il me fallait sans doute un temps d’adaptation. Que tout ce qu’il se passait, que je trouvais fortement étrange et suspicieux, n’était que le fruit de mon imagination et que j’étais trop jeune pour pouvoir avoir un vrai avis. Qu’après tout, au vu des conjonctures actuelles, je serais mais tellement, tellement bête de quitter un poste trouvé juste après trois mois de chômage suivants l’obtention de mon diplôme.

Rien n’allait en s’arrangeant. Je me faisais hurler dessus devant tous les clients, et quand ça s’est arrêté, je me retrouvais convoquée au bureau dès 7h45. Belle surprise pour commencer une journée de 12h non-stop, n’est-il pas ?!

La chose la plus incompréhensible pour moi était quand même que je ne trouvais absolument aucune raison à ces nombreuses disputes et convocations. Vous savez, cette conviction de réellement faire les choses correctement, et d’en avoir la preuve, d’y mettre toute sa concentration, toute sa meilleure volonté et tout son temps, mais qu’on vous prenne malgré tout pour une moins que rien.

Quelque part au-dessus du continent allemand
Quelque part au-dessus du continent allemand

Le c-a CA de comment partir

Inutile de le préciser, je ne me sentais vraiment pas bien. Irritable, agacée, énervée, angoissée, et j’en passe. Je savais au fond de moi que je partirai. Mais j’avais envie de résister au moins une année. Une petite année. Pour me prouver à moi que je peux tenir dans un métier, que je ne suis pas nulle, et pour que cette expérience aie son importance sur mon CV. C’était parti, je tiendrai donc un an, mais je savais que ça allait me coûter cher, physiquement et mentalement. J’aurais la boule au ventre attendant ma dispute de la journée, j’aurais les mains moites dès que s’affichera sur mon standard le téléphone des patrons.

Le destin, le hasard ou l’Univers a finalement décidé d’abréger mes souffrances et de me faire partir quelques mois plus tôt que prévu. Lors d’une énième dispute où j’avais trouvé le niveau de respect envers ma personne frôlant la ligne de zéro, j’ai décidé de tout quitter. Sur le moment même, une petite voix m’a susurrée à l’oreille entre un « vous êtes complètement incompétente » et un « vous n’êtes bonne à rien » un « part, part ma jolie, ne t’inquiète pas, ce n’est pas toi le problème. Tu es très bien, tu mérites et trouveras mieux, part…« . Alors j’ai ouvert grand la bouche pour annoncer ma démission.

Et c’était une très bonne idée. J’étais vraiment à bout, perdue dans ma vie et je ne savais pas quoi faire. Mon entourage m’encourageait à partir, pour respirer un peu. Et c’est comme ça que le lendemain de ma démission, j’ai décidé de prendre un billet d’avion et de partir pour quatre mois en mini-tour de l’Europe.

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Pont des Arts – Paris

Cela fait maintenant trois semaines que je suis partie, seule, et cela se passe plutôt bien. J’ai atterri à Paris que je n’avais jamais vu et où j’ai posé mes bagages deux semaines. Entre ballades, visites de musées, pauses lecture dans des jardins et des cafés, j’ai pu commencer à reprendre pied. Actuellement en Allemagne, je vous retrouverai pour la suite de mon périple en Suisse, Italie, Danemark, Espagne ou Croatie, qui sait!

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Poste de Police – Hambourg

Je ne fais que répéter que c’était une mauvaise expérience, mais comme dans toutes mauvaises expériences, il faut savoir trouver du positif. Alors cela m’aura appris et me permet d’essayer de faire comprendre à ceux qui ont besoin de l’entendre, que nous ne sommes pas ici pour souffrir, et que quand ça ne va pas, il faut savoir lâcher prise, plutôt que de se laisser entraîner dans des profondeurs noires à ne plus jamais pouvoir s’en sortir. N’ayons pas peur.

Mit Liebe, Erika

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5 réflexions sur “Pourquoi s’évader de sa vie est parfois la solution.

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